« Pour une politique culturelle du spectateur ». (8/11 )

Les publics empêchés.

 

Le retard français en termes d’accessibilité aux équipements publics et privés pour les personnes en situation de handicap, qu’il s’agisse de handicap moteur ou cérébral, est simplement dramatique. La loi votée sous Jacques Chirac a peut-être fait prendre conscience du retard français, mais n’a pas encore contribué suffisamment à résoudre le fossé, tandis que l’accessibilité généralisée est une réalité en Espagne ou au Canada.

 

Dans les institutions culturelles, cette problématique reste cruelle : si les fauteuils roulants globalement peuvent accéder aux salles de spectacles et aux musées (il y a de nombreux équipements encore inaccessibles, ou difficilement accessibles, honte française ! ) , en revanche, la mise en place des médiations nécessaires à l’accueil des personnes non voyantes, mal-entendantes, restent marginales, privant de facto ces personnes de la possibilité d’accéder aux œuvres artistiques. Elles sont pourtant beaucoup plus nombreuses que les personnes en fauteuil ! Le travail engagé depuis des années par le Centre de recherche Théâtre Handicap doit relever d’une mission d’intérêt général, et, fût-on en période de crise, faire l’objet d’une mobilisation de tous. La façon dont on considère les personnes en situation de handicap reste un marqueur de l’état d’avancement de notre civilisation. Les acteurs des politiques culturelles doivent considérer ce sujet, non comme accessoire, mais comme prioritaire. II faut même, par la culture, contribuer à réduire ce retard français.

 

Une politique nationale en faveur des publics permettra-t-elle justement de faire porter un regard plus attentif à cette question ? Ce serait l’honneur de la culture de servir un intérêt si général… pour que demain, l’accessibilité soit totale, partout, du commerce de proximité, aux équipements culturels et sportifs, en passant par les équipements de loisirs, de voyages, sans oublier les espaces professionnels…

 

Les personnes âgées.

 

J’ai déjà évoqué les conditions d’accueil des personnes âgées au musée, très mal adaptées, alors même qu’elle devrait constituer une cible de public en raison notamment de la souplesse des horaires, particulièrement adaptée à leur mode de vie.

 

Au-delà du musée et des politiques tarifaires – pas nécessairement justes d’ailleurs, car toutes les personnes âgées ne sont pas démunies financièrement ! – il y a à repenser certaines conditions d’accueil. La question des horaires est un sujet sérieux. Notre tradition du spectacle en soirée ou en matinée pourrait peut-être faire l’objet de discussions et de comparaisons avec d’autres modèles. Ne peut-on imaginer des expérimentations dont l’évaluation serait assurée de façon coordonnée ?

 

La question des transports pour aller au spectacle, déjà traitée, prend plus de sens encore pour les personnes âgées.

 

Enfin, les politiques des publics, très centrées sur les jeunes, oublient les actions à mener à destination des personnes plus âgées, et notamment pour les personnes âgées non dépendantes, et pourtant en institution. Il est tout de même incroyable d’observer que l’on mobilise, à juste titre, des moyens importants pour transporter des groupes de jeunes, et que l’on ne l’envisage jamais pour des personnes âgées ! Pourtant, le problème est le même. Et la fonction sociale de la sortie, pour des personnes en institution, peut revêtir un enjeu majeur de qualité de la vie qui mérite davantage de considération, et donc des financements spécifiques pourtant mobilisables, notamment dans le cadre des moyens dégagés par la journée non chômée de la Pentecôte.

 

 

 


TÉLÉCHARGEZ L’ARTICLE EN INTÉGRALITÉ

pdf

 

 

 

 

 

 

 


 
 

 

 

Comments

comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>