« Pour une politique culturelle du spectateur ». (7/11)

L’éducation artistique et culturelle accessible à tous.

 

Le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault a placé l’éducation artistique et culturelle en tête des priorités de la nouvelle politique culturelle. Il s’agit d’une bonne et nécessaire intention qui doit cependant dégager des moyens significatifs pour abonder les projets déjà mis en place depuis plus de 10 ans par les collectivités locales, notamment depuis que la droite aux affaires a abrogé le plan Lang Tasca et a anéanti, lentement mais sûrement, tous les dispositifs qui avaient été créés par l’Éducation nationale en ce domaine.

 

La mobilisation en faveur de l’éducation des jeunes aux arts et à la culture est une conviction largement partagée par les professionnels, les directeurs de structure, au point qu’ils ont élaboré, depuis la charte des missions de service public lancée par Catherine Trautmann, des actions pertinentes et efficaces. L’école a su – quel que soit le niveau dont on parle – s’emparer, grâce aux villes et aux départements, de projets multiples qui permettent la mise en relation des artistes avec les jeunes pendant le temps scolaire de façon durable, structurée et cohérente. C’est une chose évidemment impérieuse.

 

L’initiative gouvernementale peut donc utilement contribuer à une meilleure coordination des politiques d’éducation artistique pour les élèves des écoles, collèges et lycées ; elle vient en complément des actions financées par les structures conventionnées par le ministère de la culture et dont le volet EAC n’est jamais absent. Il manque cependant, en ce domaine, une affirmation réelle en faveur d’actions de même nature au bénéfice des étudiants et des universités. Des conventions sont parfois signées avec cet objectif, il convient d’y veiller car, contre toute attente, et malgré les présupposés d’une accessibilité naturelle des étudiants à l’art et à la culture, l’on observe tout le contraire. La continuité éducative doit donc prendre en compte tout le processus de formation, ce sont de véritables parcours d’éducation artistique et culturelle qu’il convient de mettre en place et qui couvre tout le temps des apprentissages, de l’école à l’université.

 

Mais l’éducation artistique et culturelle ne devrait pas se limiter à l’éducation des jeunes pendant le temps scolaire et universitaire. Il faut aller plus loin et s’inspirer des outils créés pour les jeunes afin de les adapter aux adultes, hors des enceintes culturelles. Les résidences d’artistes en entreprises, qui commencent à se mettre en place, constituent une approche intéressante et originale pour aller à la rencontre de gens éloignés des institutions et avec lesquels un projet artistique peut se construire. Il faut aussi inventer « l’université culturelle pour tous », qui vise à s’adresser à tous et notamment à ce public qui s’éloigne des institutions culturelles entre l’âge de 30 et 60 ans (ce n’est pas rien tout de même), pour le ré attirer par d’autres biais. Les bibliothèques , les cinémas, les bars ( !), peuvent être des lieux de débats, de rencontres avec les artistes, de construction de projets, à condition de les inscrire dans une forme de durée. L’éducation à l’image, qui concerne tout le monde aujourd’hui, tant les images sont présentes dans nos univers quotidiens, pourrait trouver à se développer dans de tels espaces et s’adresser utilement aux parents, inquiets de ne pas maîtriser la technologie face à des enfants qui en dominent les usages sans en comprendre les codes. La démocratie culturelle, pour être vivante, doit s’inventer de nouveaux espaces de socialisations, de nouveaux temps de rencontres, hors des institutions culturelles, précisément !

 

 

 


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