« Pour une politique culturelle du spectateur ». (10/11 )

Renforcer la place des arts visuels dans l’espace public.

fourmiPenser la question du rapport des œuvres au spectateur doit conduire à replacer au centre la question de l’art dans l’espace public. L’une des plus belles réussites des politiques publiques est assurément la politique en faveur du 1% artistique – même si elle a pu laisser quelques traces non abouties dans les années 70 et 80… – qui a su, ces dernières années se diversifier pour concerner tous les champs de la création plastique, qu’elle soit sonore, visuelle, végétale, désignée… Ce 1% réservé, sur les frais de constructions d’équipements publics, présente trois intérêts majeurs : elle soutient les artistes et constitue un vrai outil d’aide à la création ; elle permet la rencontre avec œuvres contemporaines pour les publics concernés par les œuvres ainsi produites ; elle favorise les innovations artistiques et techniques en raison de cahiers des charges souvent contraints (collèges notamment) mais incitant au renouvellement des formes. Ces œuvres ainsi produites ont besoin d’accompagnement culturel pour trouver leur place et leur légitimité dans l’espace public ; les politiques culturelles territoriales peuvent ainsi mettre en place les outils adéquats pour faire vivre l’oeuvre auprès des usagers.

 

La ville de Paris, et quelques autres, se sont inspirées de ce dispositif pour l’étendre à des projets publics dépassant le cadre réglementaire de « l’équipement recevant du public ». Les projets artistiques ainsi financés dans le cadre de la construction du tramway donnent à voir des œuvres contemporaines pour certaines d’entre elles majeures ; ces projets fabriquent une nouvelle urbanité, créent des repères dans l’espace public et renforcent un rapport à l’art inégalé. Une réflexion doit être engagée pour encourager ces projets qui permettent le financement d’œuvres d’art dans l’espace public par une réserve financière obligatoire. Le projet de transport dans le cadre de la Société du Grand Paris peut être, à ce titre, une occasion unique d’affirmer une ambition majeure. Mais ces projets, au-delà des équipements recevant du public et des projets de transports collectifs, pourraient se développer pour tous les investissements publics, d’une part, mais pourraient également s’étendre à des constructions privées. Une réflexion pourrait s’engager avec le ministère de l’intérieur, en charge des collectivités locales, et avec les collectivités elles-mêmes, pour prévoir des clauses dans le cadre des plans locaux d’urbanismes élaborés par les villes. Enfin, le rapport au privé pourrait aussi être recherché. Dans ce domaine, beaucoup peut être fait. Le regard du plus grand nombre peut-être profondément changé si l’on recherche les voies et moyens de développer la place de l’art dans l’espace public.

 

La FIAC hors les murs, prouve que des galeristes trouvent intérêt à exposer en plein air, des œuvres monumentales par ailleurs en vente sur le marché . Le projet du « Voyage à Nantes » a permis la production d’œuvres pérennes qui subsistent après l’événement, et qui ont trouvé des modalités de financement public-privé originales. Les « Nouveaux commanditaires », dispositifs formidablement inventif et participatif de la Fondation de France, pourraient nourrir une méthodologie très innovante. Que n’a-t-on encore en France su faire apparaître de véritables jardins d’art comme il en existe dans de nombreux pays ? Le Centre National des Arts Plastiques pourrait être chargé de piloter ce chantier et de formuler des pistes où des évolutions réglementaires permettraient de favoriser la présence de l’art dans l’espace public, en espérant qu’en agissant, un effet levier se produise et que les villes et les départements se saisissent toujours davantage pour lancer des commandes publiques et ainsi agrémenter les espaces publics dont ils sont gestionnaires.

 

 


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