La mort des grands

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Qui reste-t-il de celles et ceux qui ont fait la grandeur de la chanson française des cinquante dernières années ? C’est la terrible question que je me pose à l’annonce de la mort de Moustaki, car, tristement, j’ai l’impression de perdre un de mes derniers repères dans cette chanson que j’aime tant et qui a tant bercé mon imaginaire. Je n’ai pas l’impression d’être nostalgique et profondément défini par mon attachement au passé, mais je dois reconnaître que dans l’art de la chanson, qui pullule de jeunes talents multiples, j’ai du mal à m’y repérer et à sentir le courant se poursuivre avec l’exigence de l’écriture qui reste mon concept de base. Alors quoi ? Depuis la mort de Brel, de Brassens, la disparition de Barbara, il n’y aurait plus rien ? Charles Aznavour, Juliette Gréco, les derniers anciens, précèdent la longue liste des sexagénaires presque septuagénaires, qui occupent la scène depuis quarante, cinquante ans : Maxime Le Forestier, Julien Clerc, Brigitte Fontaine, Jacques Higelin, Juliette… Anne Sylvestre (pour ne citer que quelques noms de nature et de genre fort différents), ont largement occupé le terrain et marqué la conscience collective et les mémoires individuelles. Moustaki était juste là. Mais quels noms après ?

L’autoproduction a généré la multiplication d’artistes présents et qui occupent une place réelle sur la scène chanson. Mais admettons quand même que beaucoup de noms ont une nature météoritique certaine et que la télévision, à cet égard, a peut être eu une fonction de promotion et de vente, mais pas de label de qualité. Tout ce que j’écoute et que j’aime n’est connu de personne, et tout ce que je n’aime pas est médiatiquement relayé par télés et radios dans des procédés de propagande certaine.

L’accès au plateau, au festival, est réservé à un petit noyau d’une trentaine d’artistes, quand 500, 1000 …. Voire plus… cherchent à percer et à se faire connaître. L’illusion par la technologie a de toute évidence pousser sur le devant des jeunes gens qui auraient fait toute autre chose s’ils avaient dû passer sous les fourches caudines des producteurs d’antan. Le modèle du producteur à la papa n’a rien de sympathique, mais l’autoproduction à tout va n’a pas produit non plus de grands génies.

On reste inquiet de cette génération qui n’apparaît pas nettement. Et des auteurs qui manifestement ont perdu l’art de la chanson.

Georges Moustaki reste dans ma mémoire d’enfant. Je connais par cœur beaucoup de ses chansons. Je l’avais vu sur scène il y a une bonne dizaine d’année, toujours vêtu de blanc, dans une simplicité totale. Un auteur qui interprète ses chansons, accompagnés de bons musiciens. C’est pourtant simple ! Comme un bon plat.

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