FERMETURE ANNUELLE

Chaque année durant l’été, tous les théâtre publics sont fermés. Les uns, pour une longue période qui s’étend de début juin à mi septembre, voire fin septembre. D’autres, sans doute plus argentés, ne ferment qu’une grosse quinzaine de jours, dans la période creuse, entre le 5 et le 25 août environ. Ceux-là sont très rares. Comme une fatalité, au mois d’août, la France s’arrête de travailler… et donc…. logiquement de se cultiver !

Les vacanciers qui quittent les villes trouveront, évidemment, partout en France, des festivals de grande qualité, offrant dans des sites souvent exceptionnels, des possibilités magiques de se confronter aux œuvres de la création. C’est une grande fierté pour notre pays de faire rayonner ainsi tant de talents venus d’horizons artistiques divers, en provenance souvent de tous les coins la planète.

Mais les pauvres urbains qui ne partent pas en vacances – et qui sont hélas de plus en plus nombreux ! – ou ceux qui n’ont pas la possibilité de s’arrêter longtemps, n’ont à peu près plus rien à voir ou à découvrir: seul quelques théâtres privés à la programmation souvent vulgaire restent ouverts, les salles de cinéma ne profitent pas du temps estival pour faire quelques rétrospectives passionnantes comme cela se pratiquait encore il y a quelques années…. bref, l’urbain n’a rien à se mettre sous la dent, autres que les concerts gratuits organisés par les villes pour le 14 juillet, le 15 août, la fête à neu-neu et la Sainte Marie !

Seuls les musées assurent un véritable service public de la culture, en journée, offrant l’occasion découvertes d’expositions multiples !

Je connais toutes les raisons de cette situation : l’annualisation du temps de travail, les budgets stables depuis des années qui donc baissent mécaniquement, la marge artistique qui n’augmente plus depuis longtemps, la baisse du nombre des levers de rideaux…. toutes ces raisons sont valables, réelles, effectives.

Mais pourquoi donc le théâtre public n’est-il pas capable de s’organiser pour assurer une permanence – ce qui est une vraie mission de service public – et faire en sorte que sur un territoire donné, tout ne soit pas fermé en même temps ? Cela vaut pour l’été, bien sûr, mais aussi pour les autres vacances scolaires qui hélas, rythment le calendrier culturel ! Pourquoi les musées restent-ils ouverts, eux, et trouvent ils un public, tandis que les théâtres sont convaincus n’en avoir pas ? Pourquoi cette question n’est-elle pas posée et ne fait-elle pas l’objet d’une expérimentation pendant quelques années, pour mesurer la relation au public pendant les périodes estivales et les autres vacances scolaires ? Pourquoi doit-on se contenter uniquement des temps de plein air festif – et sympathiques – et renoncer à une programmation plus classique en salle ?

La question mérite d’obtenir une réponse.

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