Budget culture pour 2017 : Bravo !

La ministre de la culture, Audrey Azoulay, a présenté le projet de budget du ministère de la culture et de la communication pour 2017, et l’a qualifié «  d’historique » en raison de la hausse spectaculaire de ses crédits, sans artifice de présentation ni modification de périmètre. C’est suffisamment rare pour être noté. C’est un changement de ton perceptible.

Les esprits chagrins, à l’instant de sa nomination certes tardive, se disaient : mais qu’aura-t-elle le temps de faire ? La ministre apporte une réponse forte et lisible. Redonner du contenu à une politique culturelle qui a souffert de la crise, donner de l’espoir aux acteurs de la culture pour qu’ils se mobilisent en faveur de nos concitoyens et qu’ils apportent avec leur art, le souffle dont notre pays a besoin ; mobiliser les acteurs de la culture et de l’éducation en faveur d’une politique des publics, et notamment d’une éducation de la jeunesse à l’art et à la culture. Ce n’est pas rien.

Les chiffres sont maintenant connus, ils sont significatifs : + 5.5 %, c’est la signature de la volonté politique. Aucun secteur n’est oublié : la création artistique est en hausse, les crédits déconcentrés des DRAC également, un effort exceptionnel est fait en faveur de l’éducation artistique et culturelle et de la transmission des savoirs, sans oublier le livre, le cinéma, le patrimoine, l’audiovisuel public. Des priorités sont maintenues, notamment en faveur des arts visuels et des musiques actuelles, ce qui est extrêmement pertinent. Des projets importants sont confirmés, notamment celui en faveur de la villa Médicis Clichy-Montfermeil qui sera le lieu de l’invention créative, aux extrémités de la Seine-Saint-Denis, terre historique de création et de culture. Aucun projet pharaonique qui ne distrait de l’essentiel. Des choix très politiques de croissance culturelle pour redonner de l’espoir et agir utilement. Car la particularité de ce budget, c’est le contexte dans lequel il s’inscrit. La Ministre l’avait indiqué dans une tribune publiée en juillet dernier, « (…) nous savons bien que nos capacités de résistance s’appuient sur ce bastion irréductible d’une création libre, diverse, forte, qui nous interroge et qui nous rassemble. Voilà pourquoi nous devons inlassablement rechercher l’égalité d’accès à la culture, à la beauté et à l’art, pour tous et partout, porter une attention particulière à la fraternité, ce lien qui nous unit aux autres et qui s’enrichit de nos différences ». Ce budget est la signature de la volonté de faire société commune par l’art, la culture, l’éducation, et ne pas céder à la peur, au repli sur soi, et à la seule réponse sécuritaire. Le sens profond du message est celui-là. Il est digne. Il est fort.

Audrey Azoulay apporte une autre preuve : On peut réduire les déficits tout en ayant une politique culturelle volontariste, au même titre que les politiques en faveur de l’emploi, de l’éducation, et de la sécurité. Cette égalité de traitement dans les priorités est sans doute le signal le plus intéressant. Il faut entendre ce message et que le mouvement de repli qui s’était engagé sous la contrainte de la crise, soit inversé. Le message du budget de l’Etat est aussi un signal de reconquête adressé aux collectivités territoriales, car la politique en faveur de la culture est par nature une politique partenariale. Il ne reste plus qu’à achever la décentralisation culturelle, à poursuivre la croissance du budget les 5 prochaines années, pour redonner à notre pays, à ses habitants, les conditions d’une culture commune puissante et créative. Le projet est lancé.

Comments

comments