« Anonymes » ?

« Quelle émotion de voir la foule immense rassemblée au Père-Lachaise cet après midi pour les obsèques de Jacques Higelin. Et quel bel hommage que ses chansons entonnées par des centaines d’anonymes dans les allées de ce beau cimetière parisien. Je n’oublierai pas ces instants. » Anne Hidalgo.

Oui, ces obsèques de Jacques Higelin furent spéciales, parce que joyeuses. On y a chanté, on y a dansé, on y a pleuré aussi, mais dans la joie. Et la foule qui était là, loin d’être « anonyme » – terme un rien méprisant pour parler de celles et ceux qui sont extérieurs au carré VIP – était son public de toujours. Celui qui depuis les débuts suit l’artiste, assiste aux concerts, achète des albums, et applaudit à tout rompre la bête de scène qu’Higelin était devenu. Loin d’être anonyme, le public ici réuni avait regardé Higelin dans les yeux, avait hurlé son bonheur à chaque occasion, et était évidemment rassemblé au dernier rendez vous. Loin d’être anonyme, cette foule était amoureuse, orpheline, festive. Elle chantait chaque parole des chansons diffusées, par coeur. Chacun des membres qui constituait cette foule avait une histoire avec Jacques. Nous étions des milliers d’amoureux : c’est grâce à nous que Higelin a vécu, et c’est grâce à lui que nous étions tous rassemblés. Nous n’étions sans doute pas connus d’Anne Hidalgo, mais nous l’étions assurément de Higelin. L’anonymat est une question de relativité. Lui, de là où il était, nous a très bien reconnu.

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