Les « 1% artistiques » dans les collèges en Seine-Saint-Denis.

Récréations

« On devrait trouver un meilleur nom. « Un pour cent artistique » n’est pas très engageant. « Un pour cent » fait parent pauvre et c’est injuste. Il faudrait lancer un concours auprès de bonnes volontés. Pour ma part, je proposerais « métamorphoses », qui est un mot plein d’échos. Je le vole à André Malraux, il en raffolait. (…)

« Métamorphose » convient merveilleusement à « Un pour cent », tout spécialement quand il est appliqué dans les collèges. Le collège est même son lieu d’élection. C’est là, entre onze et quinze ans, que l’être humain effectue sa métamorphose la plus étrange et la plus spectaculaire. »  Marie Desplechin.

On ne pouvait mieux dire, à la fois sur le 1% artistique lui-même, et sur son sens le plus profond. Accompagner la métamorphose de l’adolescence par la présence artistique et les questionnements qu’elle suggère et qui peuvent évoluer avec le temps, avec le regard, avec l’âge, telle est l’ambition, tout en soutenant la création artistique dans tous les domaines artistiques possibles.

C’est sans doute l’une des actions dont je suis le plus fier – avec l’éducation artistique et culturelle – et dont la réussite est la plus éclatante en Seine-Saint-Denis. Le pari de l’exigence se combine magnifiquement avec celui de l’ouverture, de la diversité des œuvres, des artistes, des disciplines. 17 œuvres produites, c’est le fruit d’un engagement sans faille en faveur de la création et de la rencontre avec les publics, et la jeunesse en particulier.

J’ai été entraîné dans cette aventure grâce à Sandrine Mahieu, qui était alors conseillère arts plastiques à la DRAC de Picardie, et qui m’a incité à engager ce processus dans le cadre de précédentes fonctions, dans l’Oise. Qu’elle soit remerciée ici. Quand je suis arrivé en Seine-Saint-Denis, l’ampleur du territoire et les enjeux immobiliers en matière scolaire, m’ont permis de déployer ce dispositif et d’en faire un outil de rayonnement, de culture pour le département. La volonté politique n’a pas failli, et c’est grâce à Claude Bartolone, Président, et à Philippe Yvin, directeur général des services, que ce projet a vu le jour, car le 1% a été appliqué à des Partenariats Publics Privés alors que rien ne l’imposait.

Il faut se rendre compte du travail considérable que représentent ces projets. Le bureau des arts visuels de la direction de la culture, s’est emparé de l’ambition, et ses collaborateurs ont su accompagner l’idée, le concept, pour faire vivre des réunions de comités artistiques, nombreuses, des visites sur sites, indispensables, et des négociations parfois compliquées avec les architectes et les maîtres d’œuvres. Il a fallu du talent dans la négociation, du courage dans les choix, de la motivation dans l’accompagnement et la réalisation des œuvres. Tout cela s’est fait grâce à Isabelle Boulord, Morten Salling, Nathalie Lafforgue. Qu’ils en soient sincèrement remerciés.

Les membres des comités artistiques ont également joué le jeu, du dialogue, de l’écoute, et de la recherche du consensus (une seule exception notoire à cette méthode). Ils ont partagé nos objectifs de diversité, de féminisation, d’émergence, de prises de risques. Je garderai le souvenir puissant de principaux de collèges passionnés par ces réunions et bouleversés par les décisions qu’ils prenaient. Que chacun des membres des comités qui a participé soit remercié. Nous avons eu le sentiment de vivre une belle aventure.

Le catalogue que le département vient de publier est à la hauteur des ambitions du projet. Il rend merveilleusement compte de la diversité des œuvres et de leur qualité. Il révèle le sens de la création plastique dans l’univers scolaire, dans une vision moderne, dépoussiérée des images passéistes que beaucoup ont encore en tête. Ce catalogue est une réussite, préfacé par Stéphane Troussel, actuel président du conseil départemental, et Audrey Azoulay, Ministre de la culture. C’est le sens de la démarche qui est ici valorisée. C’est une fierté pour le département d’avoir comblé un manque et de reconnaître l’engagement de ses agents au service du public.

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